Fédération des Organisations des Producteurs Agricole du Congo au Nord-Kivu

Accès au crédit, un casse-tête pour les paysans de la RDCongo

lundi 28 septembre 2015 par Jean Baptiste Musabyimana

Dans le cadre du projet de renforcement des capacités d’action politique des organisations des producteurs agricoles et de leurs fédérations nationales et provinciales, PREPAR en sigle, les offres de crédit existantes et lacunes ont été exposées mardi 22 septembre 2015 à l’hôtel Mbiza de Goma au cours de l’atelier national de préconception du dossier de plaidoyer pour le crédit agricole en République Démocratique du Congo.

«  Toutes les banques commerciales et institutions de micro finance que nous avons rencontrées restent convaincues que le financement agricole doit passer par les banques et IMF existantes au lieu de créer une banque agricole spécialisée dans ce domaine. L’Etat congolais doit mettre les fonds à la disposition des banques commerciales et institutions de micro finance et ainsi constituer des garanties pour permettre aux paysans d’accéder au crédit sans trop de contraints. Vu le risque élevé dans ce domaine, il est impensable de mettre en place une banque de crédit agricole viable  », tranche Patient Mapendo, chargé de communication de la ligue des organisations des femmes paysannes du Congo, LOFEPACO, et membre du comité provincial de pilotage du projet PREPAR au Nord-Kivu. « Car, poursuit-il, cela implique le regroupement des paysans en associations ou coopératives, usage de la caution solidaire en remplacement de la garantie hypothécaire. L’association présentera les besoins de chaque membre à titre de parrainage en vue d’éviter les détournements des fonds et réduire les impayés. IL y aura nécessité de la formation des gestionnaires des institutions financières et des paysans eux-mêmes sur les microcrédits ».
Panorama des offres de crédits existantes et lacunes
Commençons ce panorama par la CECAFEP, coopérative d’épargne et de crédit agricole des femmes paysannes, une structure de la LOFEPACO qui vient d’être agréée par la banque centrale du Congo. La CECAFEP offre deux types de crédit à ses membres. Le crédit agricole ordinaire est octroyé aux femmes exerçant des métiers divers. Ce crédit peut être collectif ou individuel sans garantie réelle. Avec un taux d’intérêt de 2% le mois pendant 6 mois, les prêts sont faits dollars entre 20 et 2000$. L’autre type de crédit est le crédit warrantage. Le warrantage est un système de crédit rural qui consiste, pour une organisation paysanne et/ou ses membres, à obtenir un prêt mettant en garantie un produit agricole non périssable et susceptible d’augmenter de valeur. En bénéficiant du différentiel de prix entre la période de soudure et la période de récolte, les paysans acquièrent ainsi la capacité financière pour satisfaire leurs besoins primordiaux sans altérer le maigre budget du ménage.
Quid des autres IMF et banques ?
La plupart des banques commerciales n’accordent presque pas de crédit aux producteurs agricoles. Ainsi, la RAWBANK octroie le crédit dans le domaine agricole seulement pour la commercialisation des produits d’exportation tels que le café et le cacao. Elle ne travaille pas directement avec agriculteurs tout comme la BIAC qui se concentre sur l’exportation du café, cacao et quinquina. La BIAC a cependant la possibilité d’ouvrir un crédit pour la production agricole. ACCES BANK, elle, n’octroie pas de crédit dans le domaine agricole depuis sa création. A la FBN BANK (ex-BIC), le type de crédit considéré comme agricole est accordé aux entreprises évoluant dans la commercialisation du café, quinquina, thé, cacao, la vanille et l’élevage. Pas de crédits aux producteurs ici. LBC, une société de micro finance, n’a aucune expérience de crédit agricole. TID, une institution de micro finance, accorde du crédit aux agriculteurs dans les mêmes conditions que les autres clients mais cette société envisage de développer des conditions particulières pour les crédits agricoles. La COODEFI, elle, octroie les crédits aux producteurs agricoles qui sont principalement ses membres. La plus grande part des crédits octroyés va l’élevage. Pour y accéder, l’agriculteur doit disposer d’un terrain d’exploitation d’au moins 2 hectares. La MECRECO n’a pas de crédit agricole spécial mais donne le crédit sur le montant global de l’institution. Elle n’a donc pas un fonds destiné à l’agriculture. La MECRECO a commencé avec le crédit pour la commercialisation des produits agricoles depuis 2008 en territoire de Beni et 2011 en ville de Butembo (8 mois après auprès des producteurs des environs de Butembo : Burusi, Magheria, Musienene). Il faut, pour cela, se regrouper au moins à 10 personnes. Les créateurs de la coopérative d’épargne et de crédit agropastoral LE GRENIER sont des éleveurs et planteurs. Ce qui veut dire que la mission principale de cette institution de micro finance est le crédit agricole. Mais, suite aux contraintes sécuritaires dans les zones agricoles, à la non maitrise des risques, cette coopérative d’épargne et de crédit se limite à octroyer des crédits agricoles à court terme. Pour contourner les difficultés d’accès au crédit par les petits producteurs, LE GRENIER expérimente depuis 2014 la création d’un fonds de garantie se constituant par le prélèvement sur le trop perçu de chaque exercice.


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