Fédération des Organisations des Producteurs Agricole du Congo au Nord-Kivu

Perturbation climatique : moins de pluie, l’huile de palme 4 fois plus cher à Kisangani.

mercredi 25 janvier 2017 par Jean Baptiste Musabyimana

Le prix de l’huile de palme 4 fois plus, cher la baisse à 80% de la production de maïs, les poisons se raréfient à cause des longues périodes de sécheresse des rivières et du fleuve Congo, tels sont parmi les effets menaçants des perturbations climatiques dans la vie des habitants de la province de la Tshopo.

Les manifestations liées aux dérèglements climatiques dans la province de la Tshopo perturbent à petit feu les habitudes ses habitants. Le fait que la pluie cède au profit de la chaleur peu favorable à faire pousser le palmier à huile, le panier de la ménagère soufre dans la ville de Kisangani. La bouteille d’huile de palme de 72 cl se vend 4 fois plus chère qu’en 2016. «  De 250fc, à 800fc jusqu’à 1000fc ! On ne mange plus la quantité habituelle « du pondu » feuille de manioc. Car il faut toute une bouteille d’huile juste pour une botte de pondu, contre le 1/3 il y a peu », témoigne Francine AMUNAZO, mère de six enfants dont le mari est motard, au quartier Kilanga, de a commune Kisangani.

Maïs et riz victimes
La moyenne de fréquence des pluies passe d’environs 170 à 140 par an. L’année dernière d’octobre, à décembre il n’y avait pas de pluies. Les risques de mauvaises récoltes sont imminents pour le riz semé en septembre denier, avec espoir de récolter en ce janvier 2017. Le mois de février est devenu pluvieux au lieu de mars. Août qui était une courte saison sèche, connait des pluies. Il y a de très fortes chaleurs depuis décembre denier jusqu’à janvier au moment où les paysans attendent la pluie. Ces derniers ne savent plus à quelle période semer. On signale aussi l’apparition inhabituelle des insectes « criquets puants » et des mauvais herbes appelées localement « kobele ». Ces herbes qui colonisent les plantes imposent les petits producteurs de défricher 3 fois de suite dans un même champ. Ces menaces qui frappent tous les graminées s’observent presque dans tous les axes routiers interviennent en période de pluie, ajoute-il. Le cas du riz NERICA 4, dont la production à l’hectare passe de 2 tonnes à un, voir moins. « Si on s’en tient aux dépenses d’exploitation, le manque à gagner est estimé à 80% juste pour le maïs ! », rapporte QUADRATUS MUGANZA, président de l’Union Paysanne pour le Développement de Kisangani. Cet ingénieur agronome de terrain s’exclame de voir « les plantes séchées à n’importe quel âge, alors que les gens semaient le maïs même à contre saison ». L’augmentation de la chaleur fait faner certaines cultures. « On a semé environs 2hactares de maïs pour notre collectif la saison B/2015, la récolte était très, très faible », fustige Franck ABAYA président de l’organisation paysanne de base (OB) dénommée Priorité Travail Manuel dans le territoire de Banalia au PK 36, route Buta, au nord de la ville de Kisangani. Les épis de maïs sont de très courte taille, constate-t-il.

L’inquiétude des boyomais (habitants de Kisangani ndr) c’est aussi les fortes baisses des eaux du fleuve et rivières (Lindi, Thopo, Aruimi) qui entourent le chef lieu de la province de la Tshopo. Les forts étiages arrivent souvent 5 ans, 10 voire 15 ans après. Depuis deux, trois ans, les baisses se rapprochent même au 4/5e de volume de ses eaux, affirmes l’ingénieur agronome QUADRATUS MUGANZA. Par le passé, l’étiage intervenait entre avril et juillet. Actuellement cela va jusqu’à 6 mois. Autre fait observer, la montée ne se fait plus rapidement. « Les eaux remontent heure après heure. C’est du jamais vu ça ! », s’exclame un agent à la Monusco dont les bureaux sont au bord du fleuve Congo. Dans certains villages, on a assisté à une surpêche dans les petits ruisseaux. En 2016, les pissons se ramassaient, non à cause des maladies, plutôt de la baisse brusque et exagérée des eaux. À Wanierukula, une localité située à 58 km sur la route Lubutu, les poisons avaient des plaies et tâches rouges, rapporte la coordination de l’environnement.
Dans la province de la Tshopo, la déforestation liée à l’exploitation industrielle et artisanale des bois, et surtout de plus en plus de l’agriculture sur brulis est le moteur d’appauvrissement du sol. Les arbres que les gens tentent de planter sont ceux des cultures parraines. Pour faire face aux perturbations climatiques, depuis 2015, l’UPDKIS affecte dans 10 de ces 27 collectifs paysans, des ingénieurs agronomes pour une formation et accompagnement de proximité en techniques culturales qui garantit la gestion de la fertilité des sols, lutte intégrée contre les maladies et ravageurs des cultures et l’intégration agriculture et élevage afin de parvenir à sédentariser les petits agriculteurs. C’est pour permettra de reproduire, voire d’améliorer, les potentialités productives de l’écosystème cultivé ; en produisant une alimentation diversifiée et de qualité à la population. Ces techniques culturales ne contaminent pas l’environnement et les hommes, par contre ces pratiques contribuent à la lutte contre le réchauffement climatique. Toutefois, l’UPDKIS est en quête des partenaires au développement pour appuyer son vaste et alléchant programme qui visent à accompagner les paysans dans la mutation d’une agriculture conventionnelle à l’agroécologie pour contribuer à la lutte contre le réchauffement climatique.


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