Fédération des Organisations des Producteurs Agricole du Congo au Nord-Kivu

Agriterra près de coopératives de la pomme de terre de Masisi à travers FOPAC NK

mercredi 31 mai 2017 par Jean Baptiste Musabyimana

C’est du moins, le défi que se sont lancés les quatre coopératives agricoles travaillant dans la filière pomme de terre dans le territoire de Masisi au Nord-Kivu avec appui d’Agriterra à travers la FOPAC Nord-Kivu. Ce passage obligé pourrait amener les coopératives paysannes dont il est question ici, à développer l’aspect lié à l’analyse du coût d’investissement en accord avec le marché semencier et les techniques culturales.

En effet, COAMA, COOPADECO, COAPARU et COAPAKA, ces 4 coopératives agricoles comme c’est d’elles qu’il s’agit, ont reçu du 8 au 14 mai 2017 la visite des deux agripools venus du Rwanda envoyés par Agriterra qui ont à leur tour travaillé sur l’esprit a conscience entrepreneurial de ces producteurs agricoles. Les coopératives COAMA, COAPAKA, COAPARU et la COPADECO ont été en face pour profiter de cette mission à travers les échanges dans les champs-écoles et dans ceux des paysans membres de coopératives plus des ateliers animés par Reverien LINDIRO et Isaac NZABARINDA respectivement Ir agronome et entrepreneur semencier de la pomme de terre et président de la fédération de producteurs de la pomme de terre au Rwanda. Des thèmes développés, dont l’entreprenariat semencier de la pomme de terre, la recherche du marché, la tenue des comptes d’exploitation ont laissé aux producteurs de la pomme de terre l’image comparée du niveau d’activités des acteurs engagés dans la chaine de valeur pomme de terre à Masisi, c’est ce qu’indiquent plusieurs membres desdites coopératives. Et c’est ce qui justifie d’ailleurs la descente des agripools dans cette région montagneuse du Nord-Kivu, où les coopératives produisant la pomme de terre ont plus besoin d’un appui conseil pour passer de la simple production autoconsommée à l’entreprenariat agricole. Heureusement que tout cela a été fait au cours de la dernière mission effectuée du 08 au 14 mai 2017, rapporte monsieur Maneno, président de la COAMA à Kilolirwe.
Une descente ouverte au développement de la filière pomme de terre,
Le tour a commencé chez la COAMA une coopérative des agriculteurs de Masisi et plus précisément dans le champ de madame Béatrice AYINKAMIYE où elle explique aux membres de la délégation, notamment les deux agripools, des agents de la FOPAC accompagnés par le conseiller en entreprise d’Agriterra en RDC, en présence des autres membres de sa coopérative, la technique dont elle a fait usage dans son champ pour semer : «  j’ai fait les poquets… » Dit-elle avant d’être contredit par l’agripool Isaac qui profite de l’occasion pour demander aux agriculteurs de pouvoir chaque fois semer en sillons pour économiser les espaces cultivables : «  la densité occupée par le champ et la facilité lors de son entretien sont deux avantages lorsqu’on a semé par sillons. » Evoque l’agripool Isaac ajoutant qu’il faut respecter la rotation et de veiller davantage sur les maladies qui se manifestent dans le champ de la pomme de terre et beaucoup plus faire la sélection positive lors qu’on doit préparer ses semences à partir du champ. Pendant l’observation libre, la délégation s’est immédiatement rendu compte que dans le champ de madame Beatrice les maladies sont dues soit par les mauvaises semences, soit l’absence ou le retard dans le traitement phytosanitaire.
Après, l’équipe s’est rendue à la coopérative agricole paysanne de Rubaya COAPARU en sigle où des échanges ont eu lieu dans un champ école installé par la FOPAC-Nord Kivu en faveur des agriculteurs de la pomme de terre. Ici après les spéculations, les experts sont allés vers l’entrepôt de la coopérative au centre de Rubaya. Au cours de la visite, les agripools ont juste prodigué de conseils sur les techniques de germination et de stockage de semences de la pomme de terre. Arrivé à la coopérative paysanne de Karuba dite COAPAKA en sigle, le message est resté le même. D’après Mme Heri Balimba, la présidente, les membres de ladite coopérative ont échangé avec la délégation sur la vraie identité d’un agriculteur, l’objectif de son travail et l’entreprenariat agricole. Mariant directement l’idée de l’entrepreneuriat agricole, les membres de la COAPAKA ont expliqué le coût d’investissement dans leur champs de deux carrés soit 30 sur 60 m. C’est ce qui a suscité des échanges fructueux autour de l’entreprenariat semencier. Selon l’animateur, Monsieur Reverien, l’entrepreneur doit bien planifier toutes les activités de son entreprise. Il doit ensuite injecter son argent afin de gagner mais également il doit être intelligeant surtout dans l’étude de son marché. Cependant pour le calibrage lors du semis, les agripools ont conseillé les membres de la coopérative de veiller à la différenciation de calibre selon leur dimension pour estimer correctement les écartements entre tubercules. Ce qui fait un professionnel HIPR, c’est-à-dire honnête, intelligeant, professionnel et riche
En dernier vient la coopérative de producteurs agricoles pour le développement communautaire, COPADECO en sigle. Comme partout ailleurs, les échanges se sont déroulés dans les champs des membres de la coopérative. Dans ces champs, on remarque des semences dégénérée et mauvaises qui ont été semées. Ce qui ne reflète pas la meilleure production. Cette observation a amené les agripools à pouvoir comprendre où ces membres de la coopératives se sont approvisionnés les semences. Selon Mr Augustin, le vice président de la dite coopérative, les semences ont été achetées dans l’un de marchés du Rwanda mais avec une origine ougandaise. C’est dans ce cadre que les agripools ont conseillé les membres de la coopérative de ne plus acheter de semences « tout venant ». Ils doivent toujours s’approvisionner auprès des multiplicateurs semenciers professionnels et bien connus.
La reconversion forcée : bien maitriser le calcul du coût de production et bénéfice,
Après cette longue étape d’apprentissage sur terrain, s’en est suivi le travail en atelier juste pour la synthèse et acquis de la visite. D’où, la quarantaine de membres représentant les quatre coopératives agricoles ont été conscientisées une fois de plus sur l’entreprenariat semencier, le marché et le coût d’investissement. C’est alors que ces agriculteurs de la pomme de terre ont eu l’idée d’affronter le défi, c’est-à-dire, passé d’un simple producteur à un entrepreneur agricole suivant les directives des agripools concernant la recherche du marché, les bonnes pratiques culturales, le calcul des coûts d’investissement, le goût de prendre le risque et la chasse à l’opportunité etc.
Pour un meilleur avenir de ces quatre coopératives, il faudrait un renforcement de capacité en techniques agricoles (Ecartement, entretien, dose et usage des engrais), analyse du coût de production (utilisation des outils de calcul par les producteurs à la ferme), entrepreneuriat semencier : formation et suivi de proximité de tout le processus de multiplication, le marketing mais également susciter le renforcement inter-coopératives et les partages de cas de succès de chacune dans son rayon d’action.
S’il y a une leçon morale à retenir, en tout cas, les producteurs de la pomme de terre de Masisi se sont approprié cette synthèse émanant de l’entreprenariat semencier : « il est intéressant d’être formel ou informel professionnel, que d’être formel ou informel non professionnel. »


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